24.11.2007
Pensée Voilée

Je me suis dit qu’il fallait faire le premier pas. Que parfois, la fierté et son silence sont inutiles, que les mots, meme maladroits ou violents ont le droit d’etre dits sans demi-mesure. Je me suis dit qu’il est pour moi ce qu’un autre ne sera jamais: Mon père.
Je me dis que je l’aime, meme s’il a changé, meme si ces années l’ont rendu quelquepart égoiste. Egoiste de la vie et des années qui lui restent à vivre sans celle qui l’a accompagné pour l’éternité.
Je me suis dit que la vie est une vraie garce, que parfois elle arrache sans pitié ce que nous aimons le plus au monde, nous abandonnant à nous-meme et nos rancoeurs. Elle juge, choisit qui bon lui semble, qui avec un peu d’avance, qui subitement. “Démerdes-toi” te lance-t-elle, cruelle et ironique après t’ avoir arraché ta mère.
Et nous, on chemine péniblement dans ce qu’ elle nous laisse derrière: Un grand vide.
Pas facile de réagir... Blessure profonde, l’amertume s’en suit. Le sang coule à grand flot, impossible d’arreter une orte lacérée. Il faut une grande main réparatrice qui puisse atténuer la douleur, la main d’un chirurgien ou la main d’un enfant qui puisse calmer le flot gluant dans la douceur de son sourire, jour après jour.
Il faut du temps. Il faut savoir dire Non aux autres, pour dire Oui aux cris de sa propre douleur. Pleure... Vas-y, pleure... Ce sont des larmes sans couleurs, sans saveurs, de celles qui ne mènent nul part, mais c’est pas grave, elles te soulagent meme si pour un seul instant. Il faut du temps... Beaucoup de temps...
Et dans l’amour, il faut plonger les bras grand-ouverts. Vol plané sur tes pensées et tes baisers pour relier ces petits morceaux de verres brisés. Et si, dans la patience de ta pensée voilée, tu arrives à les recomposer, ce sera le miroir d’une nouvelle famille qui verra à nouveau le jour.
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